
La place de numéro un mondial devient-elle un objectif pour vous ?
Roger: "Pas
vraiment. Ce serait beau, mais je me concentre déjà pour jouer le
meilleur tennis sur les tournois que je choisis. Les Djokovic, Wawrinka,
Thiem, Murray, Nadal ou Nishikori seront à un moment au top de leur
forme et donc difficiles à battre pour accrocher cette place. Pour
l'atteindre, il faudra encore gagner des grands tournois comme Wimbledon
ou l'US Open, car les places de demi-finalistes ne suffiront pas."
Pour en revenir au jeu, expliquez-nous comment vous avez fait pour avoir, en 2017, un revers si tonitruant ?
Roger:"Bizarrement,
ce n'est pas venu d'une logique d'entraînement ou d'une décision de
travail. Il faut parler d'une évolution progressive depuis 2014. Severin
(Luthi) et Ivan (Lubicic) ont insisté en me disant : « Personne n'est
aussi fort que toi pour retourner dans le terrain, prends ta balle plus
tôt ». Moi, je répondais : « OK, mais c'est compliqué, les gars, ça
vient très vite... ». Ils ont insisté. J'ai eu un temps d'adaptation,
puis j'ai commencé à bien retourner à la fin de l'année dernière."
On a l'impression que vous êtes plus audacieux, que vous vous amusez plus qu'auparavant...
Roger:"C'est
très important, d'avoir cette fraîcheur. Souvent quand tu prends de
l'âge, tu es trop statique, car on sait ce qui marche et ce qui ne
marche pas. Là, je m'amuse toujours plus, je monte au filet sur le
service de mon adversaire, je prends des risques, je tente des choses et
ça paie. Dans ma vie privée, j'ai énormément de plaisir avec mes quatre
enfants et ma femme Mirka. On voyage à travers le monde et je suis
parfois obligé de jouer une demi-finale après avoir passé des nuits
blanches à cause des enfants. On a décidé d'être parent, donc on fait
tout... Mais je ne fais pas à manger (rires) !"
A-t-on une chance de vous revoir jouer en Suisse avant les Swiss Indoors de Bâle (du 21 au 29 octobre) ?
Roger:"Malheureusement
pas. Je ne ferai normalement pas l'Open de Genève. Mais c'est vrai que
ce serait sympa de venir rejouer en Suisse, peut-être pour un prochain «
Match for Africa », ici à Zürich. J'ai toujours plaisir à rentrer en
Suisse, même pour me relaxer à Lenzerheide, où je vis, ou à Bâle pour
aller supporter le FC Bâle."